01.02.2009
Calme
Découvrez Moloko!
Plusieurs mois qu'elle travaille dans cette compagnie américaine.
De nouveau enrôlée dans les apparences.
Ses talons sont de plus en plus hauts, ses ongles de plus en plus longs.
Elle parle de ses projets de vacances et d'aménagement intérieur de son futur appartement.
Elle fait sourire ses collègues qui ne voient en elle qu'une cosse vide étiquetée célibataire.
Les relations de travail sont déjà usées.
Le temps de perdre le sourire est venu.
Etonnamment un peu plus tard qu'attendu.
Rien à voir avec les schémas qui se répètent.
Les histoires sont les mêmes, c'est vrai, mais l'indifférence a remplacé la souffrance.
La mélancolie est agréable.
Les habitudes sont insupportables.
Debout devant la photocopieuse, elle observe ce qui l'entoure.
Ces financiers parqués par carrés réguliers dans un open space austère.
Les yeux rivés sur leur écran. Hypnotisés par les vomissements comptables des derniers résultats du trimestre.
Employés dociles. Le rythme régulier de la photocopieuse se fait le métronome de cette réalité grise.
Elle ferme les yeux pour y échapper.
Elle rêve de folie incontrôlée. D'une arme en prolongement linéaire de son bras. De meurtres de sang froid. D'impassible procession. De jouissives détonations. De visages défigurés. De chairs perforées. De rouge carmin. De reflets dans une flaque de sang. De perte du temps.
Puis d'une balle qu'on lui tire dans la tête.
Elle rouvre les yeux. La photocopieuse a finit son travail. Tout est calme. Elle peut se rasseoir.
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18.11.2008
Moondown
Découvrez William Sheller!
Si tu savais comme je voulais être avec toi.
Quand il me tournait le dos pour cacher sa rage.
Si tu savais comme j'ai pensé à toi.
Quand d'un seul mot de ma part, il a entamé son geste circulaire et précis.
Si tu savais comme j'ai replongé dans tes yeux.
Quand de la volée de son point a jailli un éclat métallique.
Si tu savais comme j'ai ressenti ton sexe au plus profond.
Quand la lame a sectionné mon visage.
Si tu savais comme j'ai ressenti mon cœur éperdu de toi.
Quand le sang a giclé dans l'air.
Si tu savais comme je t'ai aimé à en mourir.
Quand j'ai compris qu'il ne s'arrêterait pas là.
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