13.02.2009

B initials Part 1


podcast


Elle porte aux joues les rondeurs de sa double initiale.
Son corps témoigne encore des monts vallonnés des steppes adolescentes.
Seul son regard perce le secret caché derrière la frontière infranchissable de l’âge.
Elle sait déjà que les interdits se transgressent par la rébellion ou se détournent avec le charme.
Elle a choisit la manière douce. Chez elle, la ruse féline est amante du stratège effronté.
Si elle ne peut outrepasser le défendu, elle me ramènera à elle dans ses filets tendus.
Ses minauderies de jeune fille soudain conjuguées à un audacieux contact épidermique digne d’une prêtresse érotique engagent le compte à rebours avant le court-circuit dans ma raison d’homme.
Le papier que je déplie dans le même souffle que mon âme m’offre des mots ronds et roses qui chantent l’amour romantique et le désir rouge dans une même phrase.
Cette petite m’offre enfin le bonheur de dire non malgré moi.

05.02.2009

Triple H


Découvrez M83!


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Comme la dernière fois, le vol a duré une heure pile.
14 heures sonnantes sur la baie.

Comme elle l'attendait, la berline était garée devant le Kiss and Fly.
Taxi Prestige : standing, spacieux et climatisé.

Comme elle lui avait promis, elle a réservé une chambre dans un hôtel de luxe.
Bienvenue au Cézanne : Atmosphère intime et service personnalisé.

Comme elle l'avait rêvé, elle a étendu son corps sur le lit.
Espace calme, voluptueux et discret.

Comme les femmes bourgeoises prises au piège d'une chambre adultère, ses high heels ont glissé pour choir nonchalamment sur le sol.
Côté rouge.

Comme si elle y croyait, elle sourit en portant son téléphone à l'oreille.
Le numéro que vous avez demandé n'est pas disponible actuellement.

Comme elle l'aurait fait après un baiser posé sur son front, elle chuchote dans le vide Fais moi un enfant.
Tu vois, mon amour, la Californie, ça se vit à deux.

Comme la vie est une chienne, elle prendra sa correspondance pour Londres un plus tard dans la nuit.

01.02.2009

Calme


Découvrez Moloko!


Plusieurs mois qu'elle travaille dans cette compagnie américaine.
De nouveau enrôlée dans les apparences.
Ses talons sont de plus en plus hauts, ses ongles de plus en plus longs.
Elle parle de ses projets de vacances et d'aménagement intérieur de son futur appartement.
Elle fait sourire ses collègues qui ne voient en elle qu'une cosse vide étiquetée célibataire.
Les relations de travail sont déjà usées.
Le temps de perdre le sourire est venu.
Etonnamment un peu plus tard qu'attendu.
Rien à voir avec les schémas qui se répètent.
Les histoires sont les mêmes, c'est vrai, mais l'indifférence a remplacé la souffrance.
La mélancolie est agréable.
Les habitudes sont insupportables.
Debout devant la photocopieuse, elle observe ce qui l'entoure.
Ces financiers parqués par carrés réguliers dans un open space austère.
Les yeux rivés sur leur écran. Hypnotisés par les vomissements comptables des derniers résultats du trimestre.
Employés dociles. Le rythme régulier de la photocopieuse se fait le métronome de cette réalité grise.
Elle ferme les yeux pour y échapper.

Elle rêve de folie incontrôlée. D'une arme en prolongement linéaire de son bras. De meurtres de sang froid. D'impassible procession. De jouissives détonations. De visages défigurés. De chairs perforées. De rouge carmin. De reflets dans une flaque de sang. De perte du temps.

Puis d'une balle qu'on lui tire dans la tête.

Elle rouvre les yeux. La photocopieuse a finit son travail. Tout est calme. Elle peut se rasseoir.

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