25.01.2009

Coulée douce


Découvrez Alain Souchon!



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Pourquoi tu es revenue ?
(...)
Pour mieux repartir mon amour




Photo LGe 2008 Ayers Rock (AUS)

18.01.2009

Here Hell Help

(Texte proposé au concours de la revue Stupre 3 sur le thème "Johnny fais moi mal" de Boris Vian)

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Il est environ trois heures du matin sur l’autoroute de contournement de Zürich. Il est venu me chercher au dernier avion en provenance de Londres. Deux ans nous séparaient. Deux vies parallèles auxquelles le poids du temps a donné une nouvelle pente. J’attends le point de convergence.
Il m’a accueillie froidement. Regard sombre. Aucun sourire. Pas même touchée.
Il flotte dans l’habitacle une étrange sensation. Un danger en instance. L’approche de l’épicentre. Avant l’onde de choc. Son silence est inquiétant, de ceux qu’on observe avant un tremblement de terre.
La berline noire déchire la nuit de la lumière puissante de ses phares qui confère aux éléments avoisinants une gloire passagère.

Le calme linéaire de la route stabilise peu à peu l’oscillation de mes pensées.
Alors que rien de semble pouvoir perturber cette procession tacite, il prend la sortie vers l’aire de repos. Introduction d’une nouvelle inconnue. J’entends mon sang battre sous l’impulsion irraisonnée du coeur.

Nous ralentissons en longeant le cortège sombre des semi remorques échoués ici entre deux vies. A cette heure, l’autoroute n’est peuplée que de ces montres ronflants comme des électrons abandonnés en périphérie de la société de consommation.
Il arrête la voiture au niveau des toilettes publiques.

Je reste interdite quelques instants. Il ne dit toujours rien puis sort de la voiture. Fait le tour jusqu’à ma portière. Je ferme les yeux. J’entends. La porte s’ouvrir. Je sens. Sa main se resserrer sur mon bras. Me tirer fermement hors de l’habitacle. Il ne lâche pas son emprise. Ma peau rougit sous l’empreinte de ses doigts. Il me fait mal mais je me soumets sans mot dire. Il m’entraîne dans le bâtiment en béton.
Dans la section des hommes.

Dans un mouvement elliptique appuyé, il me propulse violemment devant lui. Je lui fait face. Je ne reconnais pas son regard. J’ai peur de lui. J’ai envie de lui. Terriblement. Sa virilité soudaine me fait perdre la tête. Il défait sa ceinture en me regardant droit dans les yeux. Il s’avance vers moi. Déboutonne son pantalon. M’oblige à me retourner. Remonte ma jupe. Dégage mes fesses de toute obstruction. Une main ferme sur ma nuque impose de me cambrer au dessus d’une pissottière. L’odeur âcre me dégoûte . Je prends appui sur le carrelage crasseux de mes deux paumes bien à plat. Je me sens humiliée, avilie à ses désirs. Il agit mécaniquement. Il me teste de deux doigts puis enfonce sa queue au plus profond d’un seul geste. La douleur me fait et me cambrer davantage pour accepter les coups suivants. Ils viennent plus fort, plus rapprochés. Je me mors les lèvres pour ne pas crier.

J’entends une porte grincer. Je comprends que quelqu’un arrive. Je veux tourner la tête pour voir mais il m’en empêche. D’une main, il me dégage la poitrine, malaxe mes seins. J’imagine le spectacle que je dois donner. Je m’étais faite belle pour lui. Mes porte-jarretelles, mes hauts talons, ma lingerie fine sont désormais jetés à l’excitation d’hommes inconnus. Il leur offre ce que je voulais lui donner, à lui seul. A cet instant, je le déteste. Des larmes de colère me montent aux yeux. Il dégage la main qu’il tenait sur ma hanche droite. Je l’entends dire : Tiens ! Il s’adresse à l’homme.
Je profite de ce moment d’inattention pour tourner la tête et comprendre ce qui se trame. L’autre est un camionneur bedonnant, bite à moitié molle à la main. Il prend le préservatif que mon amant lui tend. Je proteste et tente de me relever mais il me soumet avec autorité. Et il se retire pour laisser sa place. Je pleure de rage. Mon Rimmel coule sur mes joues comme une star déchue.
Le type s’avance d’un pas lourd. Je sens son ventre peser sur le haut de mes fesses. Alors qu’il s’introduit, il bande à moitié. Il pousse des râles ridicules qui tiennent plus de l’effort qu’il fournit que d’une quelconque extase. il souffle fort. Me baise vite et mal. Je sens d’autres présences mais je ferme les yeux. J’entends des rires, des mots d’une autre langue, des fermetures éclair qu’on tire vers le bas, des souffles forts. Je sens ces odeurs d’hommes, de pisse et de foutre. Je pers la tête. Je ne sais plus où il est. S’il m’a abandonné à eux. A leurs mains sur mon corps. A leur sperme dans mes cheveux. Je sens qu’il est là, qu’il observe. Me regarde.
Le gros finit son affaire dans un long brame. Epuisée, je me redresse. Me réajuste. Passe deux doigts sous mes yeux pour effacer les traces de larmes. Mon visage s’est fermé. Je les fixe tous. Un à un. Droit dans les yeux. Les regards fuient. Les queues se perdent dans les mains. Ils se taisent. Encore ce silence. Celui-ci est le mien.

Une veste est posée sur mes épaules. C’est lui. Derrière moi. Il cherche à me protéger du danger auquel il m’a exposée. Culpabilisation post orgasmique. Je m’en fout. Maintenant, c’est à son tour de danser.
Je me dirige vers la voiture. En mettant les mains dans les poches, j’y trouve les clefs de la voiture. Je m’installe au volant et sans attendre je mets le contact. Il entre in extremis du côté passager. Je conduis nerveusement et vite. Les lumières de la route se calent sur musique électronique vaporeuse qui sort des enceintes. La nuit est belle.
Nous entrons dans un tunnel. Le moteur gronde. Je roule beaucoup trop vite.

Je ferme les yeux.

Et je compte... 1, 2, 3, 4, 5

6. Point d’impact. La voiture percute la paroi du tunnel. Deux âmes dans les flammes de l’enfer.

7. Point de dérivée. Nous entrons dans une danse de métal et de déchirures corporelles. Dieu nous regarde.

8. Point d’intersection. J’ai retrouvé avec lui, nos paradis perdus.

9. Le silence.

10. Tu es celui que j’attendais.

12.01.2009

HU MAN RO BOT

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Winter 2007.


podcast




Découvrez Daft Punk!



It started from a dark page.
The hottest night in this electric winter.
I was in expectation - didn't know what would happen except It's gonna be hugely strong.
My body was exactly standing in the epicenter of thousands of minds.
It started like this... slow heartbeats - gathering speed - just before the explosion.

05.01.2009

Miss Libertine - Part 1


Découvrez David Bowie!


J'avais rejoins Shanica et ses beaux yeux noirs deux bonnes heures après celle indiquée sur le carton d'invitation. Elle évoluait au milieu de ses invités survoltée, épicentre du tremblement tellurique que constituait ce vernissage dans sa petite vie rangée. Shanica était une vraie artiste, en dehors de ses heures de boulot. Elle aimait Mariah Carey, Underworld et John Coltrane. Un mélange aussi séduisant que sa beauté asiatique alanguie sous les constellations australes.

Je la regardais faire. Elle jouait parfaitement son rôle. Posant des baisers artificiels sur des joues hypocrites. Montant sans cesse dans les aigus de l'étonnement. Je la préférais troublée et timide. Soumise à l'imprévu. Après quelques tours de table et de ronds de jambe évités, je glissais une main dans ses cheveux et un baiser sur la commissure de ses lèvres pour la remercier et prendre congé.

J'ai donc quitté Fitzroy un peu plus tôt que prévu. La laissant aux prises d'un agglomérat de français qui étalaient leur exception culturelle comme le tarama graisseux sur des toasts trop grillés. Perdue au milieu de quelques phrases de mauvais anglais péniblement acquises après une décennie de vie australienne.

La nuit était chaude et claire. Je marchais un peu pour rejoindre l'arrêt du tramway. Deux irlandais avinés se tenant par l'épaule ont fait passer mon attente dans un concert dissonant de pseudo chants gaéliques. La Guiness sera toujours plus forte que le Mc Do.
Je descendais dans l'upper city center sur Queen street. Pas envie de rentrer, je me laissais guider par mon errance urbaine à la recherche d'un signe qui déciderait de ma direction.

Arrivée sur Franklin street, la nuit a annoncé son nom en néons rose acidulé sur fond noir Miss Libertine.

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