30.12.2008
Madame
Découvrez Orange Blossom!
La préparation est longue et délicieuse. Parfaitement superficielle comme un laqué rouge vif sur ses ongles.
Elle en a fini avec les sous-vêtements noirs. Elle choisit du blanc. La couleur a son importance, elle donne l'apparence, surtout de ce qu'elle n'est pas. Ca fait plus salope. Surtout avec le sautoir en perles blanches qu'il lui a mis, un jour, autour du cou et qui tombe entre ses seins lourds. D'ailleurs elle aime bien les prendre à pleines mains. L'image que ça donne avec les ongles vermillon qui contrastent.

La bouche aussi, elle l'a faite avec soin. Dans le but bien précis de venir le barbouiller de marques outrageuses. D'en mettre partout. Une longue trace étirée sur la joue. Ca lui rappelle un texte qu'elle a écrit quelques semaines plus tôt.
Tu trouves que j'ai trop de rouge à lèvres ?
Donne moi ta queue. Ça te fera une marque. Comme ça tu ne m'oublieras pas.
Elle trace une courbe sensuelle d'eye liner de l'intérieur vers l'extérieur de l'oeil, en extension vers les cils. Sa bouche est entrouverte. Concentration extrême. Le geste est délicat mais elle l'assure avec maîtrise. Le collier se balance entre ses seins lors du changement de main. Pareil de l'autre côté. Entre les deux traits foncés, la pupille verte éclate comme la chair colorée d'un fruit mur trop longtemps contenue dans une cosse rigide. Une explosion insoupçonnée.
Elle vaporise le parfum sur son ventre et dans le creux de ses omoplates en songeant à son tressaillement lorsqu'il posera le nez dessus. Du coup, elle a l'idée de s'en mettre un peu sur les fesses. Il viendra la chercher là. Le menton posé sur l'épaule, elle se regarde dans le miroir et tire la langue.
Elle pense à ses derniers amants. Elle aime bien faire les comptes, se situer dans l'espace temps. Elle peut être cruelle. Elle ne sait pas trop pourquoi mais elle aime ça. Dommage qu'ils ne se soient pas levés pour la gifler. La brutaliser suffisamment pour lui donner envie de se faire baiser dans la colère. Mais avec lui, il est question d'autre chose.
Il l'a regarde. Il la respire. Il l'a reconnaît comme un chien flaire une chienne. Une jouissance indécente aux yeux des médiocres. Elle adore l'idée. Elle imagine, quand il la retrouvera, au milieu de la rue et de l'excitation urbaine, avant même de prononcer le moindre mot, qu'il fera le tour d'elle en la sentant, soulevant ses cheveux, accédant à sa peau cachée, la léchant du plat de la langue - pour la lire, pour décrypter ses nouveaux codes. Ralenti volé à la frénésie des masses consommatrices.
Elle remonte ses bas qu'elle fixe aux jarretelles selon les quatre points cardinaux (Monseigneur priez pour moi) déterminant les coordonnées géographiques du triangle des Bermudes. Elle joue avec ces petites métaphores malicieuses qui la mette en condition. La robe glisse le long de son corps et prend place sur ses épaules, à croquer. Elle chausse ses talons à semelles rouges, religieusement. De si belles chaussures, ça se mérite. Noue les brides. Et se lève du bord du lit. Droite et cambrée.
Tout un rituel qui n'a pour but que d'être rejoué à l'envers.
Elle plie une jambe et minaude devant la glace. Se trouve un air de petite fille mutine. Puis prend un air sérieux et hautain. Regard par en dessous. Madame.
Il avait marqué son départ d'une phrase percutante : Il y a quelque chose de nouveau dans ton rire ... je dirai ... de la maturité.
Elle enfile son manteau dans une volée théâtrale. Attrape son sac à main au passage. Et passe la porte dans un seul geste.
On est heureuse en tant que femme que le jour où on le devient vraiment.
Photo DGC (col. pers.)
21:51 Publié dans Paris (FRA) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24.12.2008
Partielle
Découvrez The Cure!
J'ai rapporté une carte postale de Paris, celle sur laquelle tu avais écrit.
Cette carte postale, c'était moi.
Les écrits s'envolent et les amants restent.
image DGC (col pers)
16:24 Publié dans V(o)eux | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
