30.10.2008

Train to Transcentral II


Découvrez Taxi Girl!


C'est l'index et le majeur baptisés à l'O de sa bouche que je la tire par la main pour la décoller de son extase. Elle se raccroche à moi comme si tous ses orgasmes futurs étaient entre mes mains. Je suis saisie d'une soudaine obsession de me débarrasser d'elle et de passer à autre chose. Je ne l'entends plus.
Sur Caledonian Rd, les voitures nous frôlent. Leurs phares projettent sur nous une netteté insoutenable qui me fait plisser les yeux. Ces flash intermittents ralentis nous donnent l'air de pantomimes désarticulées dans un théâtre désert.

Nous arrivons au bout du non through après l'intersection entre New Wharf Rd et All Saints St. All Saints, ironie du sort...

Je ferme les yeux alors que des sons synthétiques venus des limbes corticales me plongent dans une autre dimension. La pression de sa main sur mon avant-bras me les fait rouvrir sur un paysage post apocalyptique.

Devant moi, au milieu d'une friche industrielle, trois étages d'un hangar désaffecté de briques rouges semblent brûler d'un feu infernal.
Cette résurrection porte un nom crucifié en support papier en 4x3 sur la façade : FREEDOM.




16.10.2008

Train to Transcentral I


Découvrez The KLF!


Sur le coup des 3 heures du matin, je me laisse convaincre par cette fille post 80's de bouger du côté de Camden. Elle n'a pas beaucoup d'arguments valables si ce n'est sa robe moulante blanche et sa frange en pétard.
Elle me traîné dans les affres du subway en me tirant par la main comme une ado excitée par sa première sortie en boite. Son look vulgaire cadre assez bien avec le flou post traumatique de ma journée d'esclavagisme dans les tours de la City. Finalement le deal est assez bon. Les 0 s'alignent derrière mon salaire presque aussi vite que les lignes de coke sur ma table en verre Kartell. Cette pétasse respecte parfaitement le code couleur de la soirée. J'ai l'impression de voir du blanc partout.

L'Underground nous vomit au milieu de la gare de stockage de King's Cross. Je me concentre sur ses lèvres vermillon pour essayer de comprendre où elle veut m'emmener. J'abandonne vite en me rappelant la concentration de diamorphine que j'ai dans le sang. LA journée a été dure, je me suis offert un petit extra.

Les rues sentent l'urine et les gaz d'échappement mais je suis volontiers son cul sans trop de résistance. Un ouvrier aviné qui vient en sens inverse trouble notre immaculée procession en malaxant franchement les deux globes de ma sainte chérie de ses paumes crasseuses. Elle pousse un cri strident en lui démontant l'épaule à coup de sac baguette en skaï rouge. L'incident diplomatique risquant de me coûter mes tympans, je réagis contre toute attente assez rapidement en lui enfournant ma langue dans la bouche. Le geste ayant l'avantage non négligeable d'éloigner le type et de la faire taire. Finalement le blanc ne le reste jamais longtemps et c'est le dos collé sur un pilier d'autoroute graisseux qu'elle a du comprendre le double effet de ma french manucure.

La soirée est prometteuse.