02.09.2008

Les paradis perdus II - (0;0)


podcast


J'ai posé mes mains sur le volant et mon front sur mes mains.

Je n'aime pas ces retours à la réalité. Ils sont douloureux et pourtant indispensables. Abscisse zéro de ma courbe de dérive psychique. Je définis mes repères par rapport au point d’origine de ma souffrance, de façon totalement désordonnée.

De cette soirée, il ne me reste que des souvenirs filandreux. Une ambiance. Une impression malsaine. Presque cinématographique. J’aime me fondre dans cette noirceur insensée. Je recherche la décadence. Et je ne veux pas savoir pourquoi.

Je sentais ma tête s’alourdir et écraser mes phalanges. Un bruit sourd, presque imperceptible contre la vitre. Je tourne mon visage. Une main posée à plat me livre ses empreintes digitales. Ligne de vie. Ligne de fortune. Ligne d’amour. Elle me rappelle mes jeux d’enfants dans lesquels j’essayais encore de lire le futur.

La paume se disjoint de son support. La pulpe des doigts laisse une espèce de carte aux trésors mystérieuse sur la glace. Ma pupille se dilate pour ajuster sa vision au visage qui se présente.

Pour l’avoir tellement fixé, je le reconnais.

Il me regarde. Je le regarde. Il semble ne rien vouloir. Je ne m’interroge pas sur sa présence. Je reprends ma position initiale et je ferme les yeux.

La portière s’ouvre. Reflexes anesthésiés, je ne bouge pas. J’ai l’impression que mon corps entier s’effondre.

Pi the soundtrack : Psilonaut - Third from the sun

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