11.11.2009
Connasse
Faut pas tomber amoureux de moi. Je porte pas chance.
Elle était un peu brute cette fille. Dans sa beauté mal coiffée et ses mots crus.
Et pis faut pas croire que c'est à cause d'un homme que je suis devenue comme ça.
Elle ramenait ses chaussettes hautes à mi cuisses. Assise sur le bord du lit.
Je suis comme ça. Les sentiments des autres m'emmerdent.
Elle frotte frénétiquement sa tête pour emmêler ses cheveux.
Ouais ... le seul truc qui me fait vibrer, c'est de voir un mec bander.
Elle se lève pour attacher son soutien gorge. Son ventre bombe un peu vers l'avant.
Je me souviens de chacune de ces queues bien dures. Des têtes, des noms, jamais.
Elle remonte sa mini jupe en jean sur ses hanches sans défaire les boutons.
J'y peux rien. Je suis comme ça.
Elle enfile son tee-shirt d'un geste rapide.
Et pis, de toute façon, tu m'aurais rien donné.
23:35 Publié dans Paris (FRA) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.03.2009
Last train to Transcentral IV

Elle me frôle, en prenant un soin absolu à ne pas me toucher. Comme dans un jeu d’enfant où on doit deviner à l’aveugle où le doigt va se poser.
Elle me glisse des mots à l’oreille dont je ne perçois que quelques sonorités familières qui finissent par se mêler aux sons hypnotiques d’un remix post seventies. Les illusions chimiques ne s’estompent pas si facilement. Pour reprendre pied à la réalité, il me faut me concentrer d’avantage. L’hyper perception m’y aide. Je saisis toutes les tonalités de son parfum. Celui de sa peau, et d’autres. Aux heures tardives, les artifices olfactifs abandonnent rapidement leur fonction première au discours animal. Je retrace son parcours en identifiant chaque indice abandonnés sur elle.
Cette odeur masculine imposante ne parvient pas à cacher les plus discrètes. Je la lis. Je la détaille puisque je suis incapable de la regarder.
Je la recompose avec les images des précédentes. Je m’invente une idéale. Je sais bien qu’elle ne survivra pas, elle non plus. Des souffrances des hommes, je n’ai su tirer qu’un handicap sentimental irrémédiable. Les autres sont devenus les acteurs oubliés de ma vie. Je n’en attends rien. Même pas le souvenir.
Quelque part entre l’oreille et la joue, je sens une pointe à la texture indéfinissable. Alors qu’elle poursuit son exploration géographique, sa géométrie variable m’informe nettement sur sa nature. Sa langue se fraie un chemin énigmatique sur mon visage. Je me laisse faire. Par paresse et par curiosité.
Je ne sais même plus à quoi cette fille ressemble. Dans mon imagination, elle prend plusieurs visages. Je m’y perds et ça me rassure. Modulation de fréquence. Les sons se mélangent, se dissocient puis se rassemblent. J’ouvre légèrement les yeux. Les captures rétiniennes qui passent entre mes cils viennent jouer comme des électrons libres avec ma folie chimique. J’aime déjà cette fille. Le cycle amoureux est simplement raccourci. Il finira bientôt.
Si elle joue bien son rôle suivant l’ordre alphabétique des relations d’un soir, elle ne me posera aucun problème. Dans une heure tout au plus tout devrait être fini. Je suis confiante. A la lettre O, elle enlève son débardeur et soulève le mien pour y coller sa poitrine. Ce contact épidermique de rondeurs mêlées ne semblent intéresser que nous. A moins que je n’aie encore réduit les frontières de mon monde à son corps et au mien. Ce genre de truc est pour moi le signal que tout va s’accélérer en une récitation chronométrée pour finir par un Z majuscule.
Mais le processus s’arrête avant la lettre Q. Les mots qu’elle m’avaient murmuré à l’oreille étaient : Je suis sûre que tu veux mourir avec moi. Je l’ai sous estimé, elle avait tout compris, cette petite salope meurtrière.
Yuksek I could never be a dancer
09:27 Publié dans London (GB) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.02.2009
B initials Part 1

Elle porte aux joues les rondeurs de sa double initiale.
Son corps témoigne encore des monts vallonnés des steppes adolescentes.
Seul son regard perce le secret caché derrière la frontière infranchissable de l’âge.
Elle sait déjà que les interdits se transgressent par la rébellion ou se détournent avec le charme.
Elle a choisit la manière douce. Chez elle, la ruse féline est amante du stratège effronté.
Si elle ne peut outrepasser le défendu, elle me ramènera à elle dans ses filets tendus.
Ses minauderies de jeune fille soudain conjuguées à un audacieux contact épidermique digne d’une prêtresse érotique engagent le compte à rebours avant le court-circuit dans ma raison d’homme.
Le papier que je déplie dans le même souffle que mon âme m’offre des mots ronds et roses qui chantent l’amour romantique et le désir rouge dans une même phrase.
Cette petite m’offre enfin le bonheur de dire non malgré moi.
00:16 Publié dans Serre-Chevalier (FRA) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note